Écrire une commande pour un éditeur : mon expérience avec De Boeck

Écrire une commande pour un éditeur : mon expérience avec De Boeck

Vous le savez sans doute si vous me suivez sur les réseaux, j’ai récemment écrit Mon cahier d’écrivain. Ce livre à destination des auteurs en herbe est publié chez les éditions De Boeck Supérieur depuis mai 2022. Mais ce qu’il faut savoir, c’est que ce manuel est le fruit d’une commande de la part de mon éditeur. Laissez-moi vous raconter comment s’est déroulée cette expérience.

Tout commence sur LinkedIn

Lorsque je parle de mon travail et que je dis que presque tous mes clients me viennent de LinkedIn, souvent, j’ai droit à des yeux ronds comme des billes. Même s’il est de plus en plus connu, ce réseau social est encore vu comme austère, vide et un peu inutile. Et pourtant !
Je l’explique dans beaucoup de contenus et d’interviews, en tant que freelance, j’ai opté pour une stratégie d’inbound marketing. C’est-à-dire que je crée du contenu pour montrer ce que je sais faire et me faire remarquer, et ceux qui souhaitent travailler avec moi ont juste à me contacter. Ça fonctionne très bien pour mon activité de correctrice, grâce à mes posts sur l’orthographe, je reçois régulièrement des demandes de missions.

Mais ça marche également pour mon activité d’écrivain. C’est ainsi que j’ai été repérée par les éditions De Boeck Supérieur, une maison d’édition universitaire rattachée à l’historique Grevisse. J’ai reçu un simple e-mail de la part de la responsable de la section Lettres. Elle avait trouvé mon profil sur LinkedIn intéressant et voulait me proposer d’écrire un livre pour le compte de De Boeck.

Cette éditrice avait en vérité deux idées de livre pour moi : un sur l’écriture littéraire et un sur l’orthographe. Dans un premier temps, j’ai choisi le premier sujet, plus « facile » de mon point de vue. J’ai accepté le projet, et c’est ainsi qu’a commencé l’aventure.

Le déroulé de la collaboration avec De Boeck

Il s’agissait donc là d’une commande de livre, et non pas d’un manuscrit déjà écrit que je soumettais à un éditeur. Il a fallu dans un premier temps se mettre d’accord avec l’équipe sur le sujet précis du livre, le plan, le contenu, la forme, le titre… Rien n’a été laissé au hasard.

Après plusieurs réunions en visio, les choses ont commencé à prendre forme : le livre devait expliquer comment écrire un roman de A à Z, avec des conseils concrets à appliquer, des exercices d’écriture pour s’entraîner et des fiches à compléter, pour rendre le manuel vivant. L’éditrice a également eu l’idée d’ajouter des podcasts accessibles grâce à des QR codes pour illustrer chaque exercice.

J’ai ensuite fait une suggestion de plan selon le modèle que nous avions choisi ensemble : 10 chapitres découpés en 3 parties, avec 3 encadrés « conseil » et « attention » par chapitre. Le plus dur a été de ne pas cannibaliser ma formation « Débloquez votre écriture », en vente sur Internet qui propose des astuces pour combattre la panne d’inspiration et s’organiser. Bien sûr, certains conseils sont présents dans les deux. En écriture littéraire, il est difficile de totalement tout réinventer, mais j’ai tout fait pour que ces deux contenus restent inédits et différents l’un de l’autre.

Le plan a nécessité très peu de corrections, et une fois validé par De Boeck, j’ai pu me lancer dans le gros du travail : l’écriture de Mon cahier d’écrivain.

Mes difficultés à avancer

Je ne vais pas mentir, la rédaction d’un projet n’a pas été simple, et malheureusement, j’ai eu tendance à me surestimer. « Des conseils d’écriture, j’en donne constamment sur mon blog et dans ma newsletter, franchement, c’est facile, en quelques semaines, c’est plié ! » Ah, ah ah…

Le plan a été validé en août, je devais rendre le manuscrit en février. Dans ma tête, j’avais largement le temps de m’en occuper. Mais tout ça, c’était sans compter mon travail de correctrice, qui me prend entre 45 et 60 heures par semaine. Mes contenus pour mes deux blogs et ma newsletter. Mes posts hebdomadaires sur LinkedIn et les dizaines d’interactions quotidiennes que je dois gérer dessus. Mon roman en cours (car j’en ai toujours un sur le feu). Ma vie perso, un tout petit peu, quand même.

Comme je ne possède pas de retourneur de temps à la Hermione Granger, c’est tout naturellement que je me suis laissé submerger par tout ça. J’ai dû faire des choix et arrêter quelques mois mes articles de blog. Je suis passée de deux à un post par semaine sur LinkedIn. J’ai mis en pause pendant presque un trimestre l’écriture de mon histoire pour me concentrer uniquement sur le manuscrit.

J’avais également peur de mal faire. C’était la première fois que je faisais ce genre d’exercice. Et si mes conseils étaient nuls et n’aidaient personne ? Clairement, ce n’était pas facile, et malgré tous mes efforts, j’ai quand même dépassé d’une quinzaine de jours la date du rendu.

Mais j’en suis venue à bout ! Et j’ai repris l’écriture dès le point final posé, un vrai bonheur ❤️ J’ai également eu la chance de pouvoir échanger pendant tout le processus avec mes amies freelances, qui m’ont beaucoup encouragée et rassurée.

Le point final posé : et après ?

Lorsque j’ai terminé le manuscrit, ça a été un grand soulagement : j’avais réussi à mener cette mission jusqu’au bout ! Il a fallu attendre le retour de De Boeck et la liste des modifications à faire. Je le dis partout : le premier jet n’est jamais publié tel quel, et c’est valable aussi pour un livre technique.

J’ai toutefois eu peu de corrections à faire. Mon regret a été que j’ai dû supprimer mes propres partages d’expérience, en tant qu’écrivain, pour me focaliser sur des auteurs plus connus. Dès que le texte a été totalement terminé, j’ai dû relire plusieurs fois l’épreuve mise en page, pour m’assurer qu’il ne restait pas de fautes.

Par la suite, une fois le manuscrit envoyé à l’imprimeur, j’ai pu me concentrer sur les podcasts qu’il a fallu enregistrer. Le plus dur a été de trouver des extraits d’œuvres classiques du domaine public qui collaient avec les consignes de mes exercices. C’est là que j’ai pu apprécier mes études de Lettres modernes.

Puis, j’ai dû attendre quelques semaines pour finalement tenir entre mes mains le précieux manuel. Entre-temps, j’ai sélectionné plusieurs influenceuses littéraires sur YouTube et Instagram, dont certaines avec qui j’avais déjà collaboré pour mes romans, pour qu’elles reçoivent le livre et en fassent une chronique.

Mes conseils pour ce genre d’exercice

Vous l’aurez compris, écrire un livre sur commande n’est pas de tout repos. Même si c’est gratifiant, mieux vaut bien réfléchir avant de s’engager, et surtout, ne pas se surestimer. De Boeck m’a proposé d’écrire le deuxième livre prévu, mais je ne m’en sentais pas capable, du moins, pas tout de suite. Bien sûr, je ne ferme pas la porte aux éventuelles futures commandes, mais cette fois-ci, j’éviterai de foncer tête baissée et j’organiserai mon planning en conséquence.

Si jamais vous deviez faire ce type de mission, je vous recommande donc de bien réfléchir à tout ce que vous aurez à faire (il faut compter l’écriture, mais également les recherches, la communication avec la maison d’édition, les retouches, les potentielles parties annexes comme les podcasts ou les fiches à remplir). Au moment d’estimer le temps que vous passerez à faire tout ça, ajoutez-y bien 25 à 30 % : on va rarement aussi vite qu’on l’espérait, et la vie est pleine d’imprévus. J’ai par exemple eu la COVID, et même si j’ai continué d’écrire, je me suis retrouvée en retard de plusieurs jours. Je vous le dis : travailler avec de la fièvre, c’est loin d’être fun.

Par ailleurs, lisez (très) attentivement votre contrat et n’hésitez pas à contacter des juristes, des éditeurs ou des écrivains pour avoir des retours d’expérience ou des conseils. Je vous recommande au passage Le Guide de survie juridique pour écrire et publier son livre d’Elvire Bochaton, une bible pour les auteurs.

Un dernier conseil ? Lisez Mon cahier d’écrivain 😜 Si vous êtes sur ce blog, c’est sûrement que l’écriture de roman vous intéresse. Alors, qui sait, mes conseils pourront peut-être vous plaire et compléter ceux que je donne déjà ici. Bonne lecture !

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2 thoughts on “Écrire une commande pour un éditeur : mon expérience avec De Boeck”

  • Félicitations, pour cet écosystème que tu as sur créer autour de toi !

    Plus d’un an après l’achat… je viens de commencer ta formation !

    Sinan.

    • Merci Sinan ! Et super pour la formation, j’espère qu’elle va t’aider 😄 N’hésite pas à me tenir au courant !

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