10 étapes pour auto-éditer son roman

10 étapes pour auto-éditer son roman

Pendant des années, les écrivains ont été tributaires des éditeurs pour publier leurs livres. Mais aujourd’hui, notamment grâce à Internet, il est possible de publier soi-même son roman. De l’auto-éditer. Mais attention, ce n’est certainement pas une décision à prendre à la légère. Pour auto-éditer son précieux manuscrit, il vous faudra franchir de nombreuses étapes que voici.

Auto-éditer son roman

1. La relecture

C’est bon, vous venez à l’instant de mettre un point final à votre histoire. C’est très bien, et vous pouvez vous en féliciter. Mais attention, ce n’est pas parce que vous avez terminé votre roman qu’il est prêt à être publié. Loin de là ! Un éditeur ne publiera jamais un premier jet. Et maintenant que vous êtes votre propre éditeur, vous allez devoir suivre cette règle.

Vous vous demandez peut-être pourquoi je vous déconseille très fortement de sauter sur la case « publication » à pieds joints, à peine votre manuscrit fini. Tout simplement parce que votre roman est imparfait. Sans compter les problèmes de style et d’orthographe, il risque d’y avoir des incohérences, des lourdeurs, des redondances, des choses qui manquent… Il n’y a qu’en relisant votre livre que vous pourrez les remarquer et les corriger.

Un roman qui n’a pas été relu se repère tout de suite et pourra fortement déplaire aux potentiels lecteurs. Ce serait dommage de les mécontenter, car non seulement ils n’achèteront pas vos prochains livres, mais en plus, ils mettront sûrement de mauvais avis sur Internet à propos de votre livre pour dissuader les autres de le lire. Est-ce ce que vous souhaitez ?

2. La bêta-lecture

En tant qu’auteur, il est très important que vous relisiez votre roman pour l’améliorer, c’est indéniable. Néanmoins, il vous sera difficile d’avoir un recul total sur votre œuvre. C’est vous qui l’avez écrite, elle sort de votre tête, vous la connaissez par cœur. Vous ne serez pas forcément objectif sur certaines choses. Vous louperez peut-être des incohérences, ou bien certains passages vous paraîtront évidents alors qu’ils ne le sont pas.

C’est pour compenser cela qu’un bêta-lecteur est nécessaire avant de publier votre roman. Comme son nom l’indique, il est un lecteur test qui représente votre futur lectorat et qui vous aidera à repérer ce qui ne va pas dans votre histoire.

Pour vous donner un exemple concret, quand j’ai écrit mon roman Quand gronde le tonnerre, je me représentais très bien le décor où se déroulait l’intrigue. Avant de l’auto-éditer, je l’ai fait bêta-lire, et ma bêta-lectrice m’a dit qu’elle peinait à visualiser les scènes, car j’avais mis très peu de descriptions des lieux. Mais comme tout était très clair dans ma tête, je ne m’en rendais pas compte. J’ai pu rectifier tout ça avant de le publier.

Cette étape qu’est la bêta-lecture vous permettra d’améliorer le fond de votre histoire. Je vous recommande fortement de vous en occuper AVANT la correction, qui est l’étape suivante.

3. La correction

Une fois que vous avez retravaillé votre roman de fond en comble et qu’il vous semble abouti, il va impérativement falloir le corriger. Je ne cesse de le rabâcher sur mon autre blog, mais il est très important de faire appel à un correcteur professionnel. Une connaissance douée en français peut dépanner pour un mémoire ou une lettre de motivation. Mais un roman est destiné à être acheté, et avant de l’auto-éditer, il doit se rapprocher de la perfection orthographique, ne serait-ce que par respect pour vos lecteurs.

Je vous conseille d’envoyer votre manuscrit à un correcteur après la bêta-lecture, car vous aurez peut-être beaucoup de modifications à faire. Il faudrait alors tout faire recorriger. À titre d’exemple, après la bêta-lecture de Quand gronde le tonnerre, j’ai dû rajouter un chapitre et demi, en plus de descriptions et de détails divers.

Pour en savoir plus sur la collaboration avec un correcteur professionnel, je vous invite à lire mon article sur le sujet.

4. La couverture

On ne doit pas juger un livre à sa couverture. N’empêche, une belle couverture attire le regard et donnera davantage envie de lire un roman que si elle est moche. Si vous avez de solides compétences en graphisme, voire en dessin, vous pouvez vous en occuper vous-même. Mais dans le cas contraire, je vous recommande très fortement de faire appel à un professionnel. Franchement, il n’y a rien de pire qu’une couverture pixelisée ou tout simplement moche, ça ne donne pas du tout envie de lire.

Petite anecdote, on m’a offert quand j’étais adolescente un roman dont la couverture était affreuse. J’ai refusé de le lire tellement elle était laide, mais finalement, je m’y suis mise par hasard, un jour où j’étais en pénurie de nouveaux récits. Eh bien c’est devenu à cette époque mon roman préféré. Et c’est bien dommage que la couverture m’ait autant rebutée, j’aurais aimé le lire plus tôt.

Il est donc important d’avoir une belle première de couverture, que ce soit une illustration ou une photo, avec des polices bien harmonisées. La quatrième de couverture n’est pas à négliger non plus. Beaucoup de romans auto-édités ont tendance à avoir un résumé écrit en lettres énormes, ce qui donne tout de suite une impression d’amateurisme.

Enfin, il faut faire très attention au format du roman et créer la couverture en conséquence. Les formats d’Amazon KDP, par exemple, sont américains, ils sont donc différents du traditionnel A5 ou du livre de poche. Il faut en tenir compte avant de faire ou de commander sa couverture.

5. La mise en page

Tout comme la couverture, sauf si vous avez des notions de maquettiste, mieux vaut demander à un professionnel de s’en occuper pour éviter de faire n’importe quoi. Il faut bien choisir la police (pas de Comics Sans MS, par pitié), respecter les marges, ne pas numéroter certaines pages, mettre des césures…

Encore une fois, selon votre format, la mise en page va varier, vous devez en tenir compte. Promis, j’écrirai un article complet pour vous guider en détail dans cette étape.

6. La plateforme

Nous parlions du format, et justement, comme je l’ai dit, celui-ci va varier d’une plateforme à l’autre, ou même d’un canal de diffusion à un autre. C’est quelque chose auquel vous devez bien réfléchir : comment voulez-vous que votre livre soit imprimé et distribué à vos lecteurs ?

Aujourd’hui, il existe de nombreuses plateformes en ligne, chacune avec ses avantages et ses inconvénients. En vrac, on peut citer Amazon KDP, TheBookEdition, Librinova, Bookelis, lulu.com… En général, c’est la plateforme qui s’occupe d’imprimer et d’envoyer votre roman à ceux qui le commandent, ce qui vous évite d’avoir du stock et de devoir mettre en place un système de paiement en ligne.

Vous pouvez également imprimer votre manuscrit chez un imprimeur traditionnel (SoBook, Books Factory…). Ce sera alors à vous d’envoyer les exemplaires aux acheteurs, voire de les apporter aux librairies qui pourraient accepter de les vendre.

Il est tout à fait possible d’opter pour plusieurs méthodes simultanément. Mon roman Mon immortel par exemple est proposé sur Amazon et sur TheBookEdition (pour satisfaire les lecteurs farouchement opposés à la firme de Jeff Bezos). Attention toutefois à bien lire les conditions de la plateforme. Le programme KDP Select, par exemple, donne à Amazon, si vous le choisissez, l’exclusivité sur votre ebook, et vous n’aurez pas le droit de le publier ailleurs en format numérique.

Enfin, si votre livre est publié en papier sur plusieurs plateformes, il doit toujours avoir le même prix. Vous ne pouvez pas vendre votre roman à 16 euros sur Amazon et à 15 euros sur TheBookEdition. Un livre vendu neuf ne peut pas changer de prix, c’est la loi.

7. L’ISBN

L’ISBN est le numéro d’identification de votre roman, le chiffre sur le code-barres qui sert à dire que ce livre vous appartient. Cela évite que votre livre soit dupliqué ou volé. Que vous choisissiez d’auto-éditer votre livre ou de l’envoyer à un éditeur, il est essentiel de faire une demande auprès de l’AFNIL.

Vous avez simplement à remplir le formulaire en suivant ce lien (attention, la démarche est payante). Une fois que vous l’aurez reçu, vous devrez mettre l’ISBN sur votre quatrième de couverture, avec un générateur de code-barres. Il faudra également qu’il figure à l’intérieur de votre roman, sur la dernière page.

À noter qu’Amazon KDP vous fournira directement un numéro d’ISBN si vous décidez de publier votre roman sur cette plateforme.

8. Le dépôt légal

Pour protéger au mieux votre manuscrit, l’ISBN est un bon début, mais il vous reste une étape avant de l’auto-éditer : le dépôt légal. Il s’agit d’envoyer votre livre imprimé à la Bibliothèque nationale de France (BNF) avec le formulaire adéquat. Votre roman sera référencé dans cette institution, comme quoi il est à vous, et à vous seul.

Vous devez donc imprimer votre histoire sous sa forme de livre finale et l’envoyer à la BNF avec ce formulaire en trois exemplaires rempli. On vous renverra l’un de ces formulaires avec la preuve de votre dépôt légal, symbolisée par une date. Il vous faudra la faire figurer dans votre roman, à la dernière page avec le numéro d’ISBN.

Attention, vous ne pouvez pas envoyer à la BNF une épreuve (c’est-à-dire un livre test imprimé par votre imprimeur ou votre plateforme pour vérifier que tout est bien avant de valider votre manuscrit définitivement). Il faut que le livre soit la version finale, avec seulement la date de dépôt légal qui manque, évidemment.

9. Le statut légal

Qui dit vente, dit fiscalité. Eh oui, bienvenue en France 😅 À partir du moment où vous décidez de vous auto-éditer, et donc où vous gagnez de l’argent avec vos romans, vous devez déclarer vos revenus à l’État.

Pour cela, deux solutions s’offrent à vous. Soit vous pouvez créer une autoentreprise, un peu comme un freelance. Soit vous devez vous inscrire auprès de l’Urssaf Limousin (oui, même si vous n’êtes pas originaire de cette région). Les deux sont autorisés.

Comme toutes ces démarches sont un poil complexes, je laisse Jupiter Phaeton, la queen de l’auto-édition, vous en parler mieux que moi sur son blog.

10. La promotion

C’est bien beau de proposer son livre en vente sur une plateforme ou dans une librairie, mais si personne ne le voit, ça n’a aucun intérêt. Il vous faudra donc réfléchir à comment mettre en avant votre roman.

Vous pouvez développer vos réseaux sociaux et créer un blog ou une chaîne YouTube pour parler de votre activité. Il est également possible de contacter des chroniqueurs livresques pour leur envoyer votre manuscrit en échange d’une présentation sur leurs propres réseaux. Vous pouvez en trouver sur YouTube, Twitter, Instagram ou sur la plateforme SimPlement.

De plus, certains auteurs achètent de la publicité sur les différents réseaux, comme Facebook ou Instagram. Amazon a aussi développé de la publicité pour ses utilisateurs.

Si vous n’êtes pas un ermite, vous pouvez enfin vous rendre dans des salons littéraires pour vendre votre livre sur un stand. Évidemment, cela a un coût, ne serait-ce que pour imprimer des exemplaires à proposer aux lecteurs, mais c’est une occasion de se faire connaître.

Envie d’aller plus loin ?

Vous l’aurez compris, l’auto-édition n’est pas quelque chose que l’on fait à la légère, sans aucune préparation. Je vous ai donné dans cet article des pistes, mais je n’ai malheureusement pas la place d’entrer dans les détails.

Si vous souhaitez aller plus loin et vous lancer dans l’auto-édition sérieuse de votre roman, je vous recommande la formation de Christelle Lebailly. Vous y apprendrez à publier vous-même votre livre en passant par la plateforme Amazon KDP.

Et vous, souhaitez-vous auto-éditer votre roman ? L’avez-vous déjà fait ?

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