Le NaNoWriMo : un défi à prendre avec des pincettes

Le NaNoWriMo : un défi à prendre avec des pincettes
L’an dernier, je vous parlais du NaNoWriMo dans un article dédié. J’étais venue à bout de ce challenge d’écriture, avec un score de 51 901 mots en un mois. Plutôt pas mal ? À première vue, oui. Mais le NaNo n’est pas un défi à prendre à la légère. Que ce soit avec ma propre expérience ou celle des écrivains autour de moi, j’ai fini par comprendre qu’en plus des avantages, il y avait des inconvénients.
NaNoWriMo défi d'écriture

Écrire 50 000 mots en un mois

Le titre parle de lui-même, l’objectif du NaNoWriMo est d’écrire 50 000 mots entre le 1er et le 30 novembre. Cela représenterait la taille d’un petit roman, un peu moins de cent pages en format A4. Ce challenge est organisé chaque année, et s’il est né aux États-Unis, il a lieu dans de nombreux pays, dont la France. La magie d’Internet.

Tout le monde peut participer au NaNoWriMo. Il suffit bien sûr d’avoir envie d’écrire un livre (sinon, quel intérêt ?) et d’être motivé. Chaque jour, vous pouvez entrer sur le site du NaNo votre « words count », le nombre de mots que vous avez écrits. Grâce à cela, une courbe vous montre vos avancées. Et surtout, vous savez combien de mots il vous reste pour atteindre les 50 000.
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Le NaNoWriMo est-il fait pour vous ?

Un mois, cela passe vite. Très vite. Autant vous dire que si vous vous lancez dans le NaNo, vous n’allez pas chômer. Surtout si vous voulez le terminer en temps et en heure. Le site préconise d’écrire 1667 mots par jour pour arriver au Saint Graal des 50 000. Et 1667, pour quelqu’un qui n’a pas l’habitude d’écrire souvent, c’est énorme. Et ça peut l’être aussi pour quelqu’un qui en a l’habitude.

Les écrivains restent des êtres humains, chacun a un mode de fonctionnement qui lui est propre. Certains ont besoin de contraintes pour avancer, ont besoin de se forcer à faire quelque chose pour le faire. Pour d’autres, cette recette ne fonctionnera pas et aura tendance à bloquer leur créativité et leur motivation.

Avant de foncer tête baissée dans le NaNo, réfléchissez à ce qu’il peut vous apporter. Vous avez déjà un bon rythme d’écriture, vous avancez correctement dans votre roman. Avez-vous besoin de cette contrainte pour vous motiver davantage ? Si vous êtes un phobique des deadlines, que vous n’arrivez pas à écrire avec une obligation, posez-vous également la question.

À titre personnel, les contraintes ne sont pas un problème. Elles forgent même mon métier de rédactrice web freelance. Mais l’écriture littéraire est avant tout un plaisir, une passion. Elle ne devrait pas devenir une pression au point de miner le moral et de gommer toute envie de créer.

Se mettre la pression pour écrire

Je l’ai dit, certains fonctionnent grâce à la pression, d’autres pas du tout. Sachez-le en commençant, le NaNo est une pression en soi. Vous devrez écrire 1667 mots chaque jour. Peu importent vos contraintes personnelles ou professionnelles. Et chaque jour manqué sera à rattraper.

Des écrivains se démotivent à force de voir leur words count bloqué à 1000 mots depuis deux semaines et les jours défiler. Ils se démotivent au point d’abandonner complètement l’écriture pendant un temps. Quelques-uns se disent même « écœurés » par l’écriture à cause du NaNo. Vous rendez-vous compte de la violence de ce terme ?

N’oubliez pas : l’écriture est un plaisir. Vous devez écrire pour vous, pour vous amuser, pour être heureux, pour partager quelque chose. L’écriture n’est pas une performance, elle n’est pas une compétition. Malheureusement, beaucoup ont tendance à voir le NaNo comme tel. À ceux-là, je voudrais dire :

  • Ce n’est pas grave si vous ne faites ce challenge. À quoi bon écrire à fond pendant le mois de novembre pour arrêter jusqu’à l’an prochain ?
  • Ce n’est pas grave si vous ne finissez pas le NaNo. Vous l’avez commencé, mais vous n’arrivez pas à tenir le rythme, ou vous avez des obligations qui vous en empêchent. Et alors ? Vous écrirez quand vous le pourrez. Quand vous le voudrez.
  • Et si vous faites le NaNo ? Eh bien bravo à vous ! Je ne peux que vous souhaiter d’avoir pris du plaisir en écrivant et d’avoir avancé comme vous le souhaitiez dans votre histoire.

Un résultat franchement pas top

Bon, je ne me suis pas foulée sur le titre, mais c’était mon ressenti à la fin du NaNo de l’an dernier. Ok, j’ai fait 51 901 mots, j’étais très contente, mais :

  • J’ai écrit très vite, ce qui fait que mes textes ne sont pas d’une qualité label supérieur
  • Parfois, j’étais tellement en galère que je comptais les mots de mes devoirs scolaires (1000 mots à écrire sur le sujet des épingles, désolée, ça rentre dans le NaNo)
  • J’avais peur de bâcler mon roman (Abby McAlban 5 à l’époque), alors j’écrivais surtout des OS

Résultat, j’ai beaucoup écrit pendant le mois de novembre, mais je n’ai pas tant que ça avancé dans mon livre. Alors, je sais ce que vous pensez. « Ce n’est pas grave de bâcler le premier jet. Au pire, tu retravailleras tout une fois le livre fini ! ». Oui… et non.

Bien sûr, on ne publie pas tel quel un premier jet, à moins de s’appeler Amélie Nothomb (et encore ?). Mais autant que faire se peut, j’aimerais que mon premier jet ressemble à quelque chose de cohérent. Je n’ai pas envie de TOUT réécrire sous prétexte que ça a été écrit pendant le NaNo.

De plus, n’étant plus une amatrice de plans, j’invente mon histoire au fur et à mesure que je l’écris. Et avec le rythme de l’enfer du NaNo, impossible de réfléchir correctement et de mettre en ordre mes idées. Cela peut parfois donner de belles idées. Mais cela peut également bloquer tout le processus créatif. Serait-ce pour cela que j’ai fait une (longue) pause dans Abby McAlban ? Peut-être…

Le NaNoWriMo en bref

Eh, ne fuyez pas ! Je ne voulais pas vous dégoûter du NaNoWriMo. Justement, si vous lisez mon autre article sur le sujet, vous verrez qu’il y a plein de bons côtés à faire ce challenge. On dépasse ses limites, on se prouve qu’on est capable d’écrire vite et beaucoup, on avance dans nos projets…

Mais je tenais à contrebalancer ce côté « tout rose » que j’avais eu tendance à mettre inconsciemment dans mon premier article. Le NaNo est un défi difficile, et il est important d’en connaître toutes les subtilités avant de se lancer.

Personnellement, je ne l’ai pas fait cette année. Je lance mon entreprise, et même si j’écris tous les soirs, je ne peux pas me permettre de faire passer le NaNo avant mon travail. De plus, j’ai commencé depuis mai un nouveau roman, Quand gronde le tonnerre. Je ferai un article en détail dessus quand j’aurai mes illustrations, mais en gros, c’est mon nouveau bébé, mon projet le plus important. Et je refuse de le bâcler, non, je souhaite le peaufiner et prendre tout mon temps pour le développer comme je le souhaite.

En tout cas, rappelez-vous cette chose : le NaNoWriMo n’est PAS une compétition. Il n’y a ni perdant, ni gagnant à la fin. Alors participez, écrivez, terminez, ne terminez pas. Mais profitez, prenez du plaisir à imaginer et à écrire. Amusez-vous.

Car l’écriture, c’est du fun avant tout.

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